Noël confiné en Europe, c’est un Noël défiguré…

La liste ne cesse de s’allonger inexorablement. Les uns après les autres, les pays de l’Union européenne adoptent une nouvelle fois la difficile posture du confinement pour des périodes plus ou moins longues.

De trois à quatre semaines chez nos voisins d’Outre-Rhin et en Irlande du Nord. A plus de cinq semaines aux Pays-Bas. Des états qui ont fait le choix de sécuriser à outrance leurs populations sans tenir compte de la sacro-sainte période de la trêve des confiseurs. Oubliées les fêtes de Noël et du Nouvel An !

Le Danemark, l’Autriche, la Grande-Bretagne ont décidé de s’aligner sur les mêmes directives en l’espace de vingt-quatre heures. L’Italie et l’Espagne n’incitent pas leurs ressortissants à se déplacer hors de leurs régions, voire hors de leurs villes de résidence.

Même l’anachronique Suisse qui reste au demeurant la nation la plus en marge des décisions unionistes de l’Europe du fait de son historique neutralité opte pour des applications aussi strictes et radicales dans le déplacement de ses habitants.

Si les Helvètes ne ferment pas leurs frontières avec l’Hexagone, il sera néanmoins très difficile de se rendre dans le pays de Guillaume Tell la fleur au fusil et la pomme dans une poche sans recevoir l’opprobre des douaniers qui en contrôlent les accès.

Envisager de skier sur la poudreuse immaculée du Cervin et de faire le plein de succulents chocolats pourrait très vite se muer en un véritable parcours du combattant pour celles et ceux des vacanciers qui aimeraient prendre la poudre d’escampette en profitant de l’air pur des montagnes d’à côté!

Bref, partout ou presque, l’Europe se recroqueville sur elle-même. Se referme de façon la plus hermétique. Désireuse de lutter efficacement contre l’interminable seconde vague de coronavirus qui s’abat au-dessus de sa tête depuis l’automne.

Avec ses statistiques alarmistes toujours plus indécentes à assimiler et indigestes à avaler dans ce sinistre décompte au quotidien. Des mesures qui ont pour vocation à endiguer et à anticiper le probable troisième assaut de cette furia pandémique annoncée par les spécialistes aux alentours du 07 janvier qui nous harcèle bientôt depuis une année.

 

Le particularisme à la française : la stratégie à contre-courant !

 

Partout ? Non, car aussi bizarre et contradictoire que cela puisse paraître, la France a choisi d’adopter une stratégie à contre-courant de la mouvance européenne actuelle. Façon village gaulois d’Astérix et sa fameuse indépendance d’esprit !

Depuis le 15 décembre, en effet, la gouvernance étatique a redonné un peu de souplesse et du mou à l’ensemble des mesures rigoristes qui gèrent notre existence.

Même si bon nombre de secteurs qu’ils soient économiques, sportifs et culturels ont encore à pâtir péniblement de ces lourdeurs décisionnelles. D’ailleurs, aucun d’entre nous ne s’en plaindra !

Fait exprès, c’est au moment où l’Hexagone lâche un peu de lest dans sa politique psycho rigide que le Chef de l’Etat est souffreteux. L’Elysée tousse et c’est la France de la politique toute entière qui s’enrhume avec un afflux massif de personnalités qui passent sous les fourches caudines du contrôle et de l’isolement ! En matière d’exemplarité, se gaussent déjà certaines voix, c’est réussi !

Mais, pourrait-on répondre à ces esprits chagrin et contestataires, il faut bien que les rouages de l’Etat providence continuent à se perpétuer même pendant les périodes de crises les plus sombres, à l’occasion de dîners officiels où les convives sont plus de six autour de la table !

Pour autant, peut-on comprendre le léger desserrement de ce tour de vis dans l’Hexagone ? Oui, à 100 % !

 

De la bûche aux embûches : c’est le nouvel esprit de Noël !

 

D’une part, la prééminence des fêtes de fin d’année (et surtout de la Noël célébration familiale par excellence) explique sans aucun doute les raisons de ce retour à un semblant de vie normale malgré le couvre-feu drastique et les restrictions commerçantes (la restauration, les bars et les discothèques en particulier).

D’autre part, la pression des Français s’est fait ressentir dans les alcôves du cénacle étatique à force de manifestations et revendications dans les rues ou par pétitions interposées.

Une pression rappelant le ras-le-bol de nos concitoyens qui n’en peuvent plus de cette situation anxiogène en boucle qui tourne parfois à l’hystérie, voire à l’absurde.

Il est vrai que pour la période de Noël, on aurait pu rêver mieux que de se limiter dans nos retrouvailles familiales, de s’inquiéter sur ce que sera demain (soit à partir de ce nouveau couperet en matière de datation qui correspond au 07 janvier 2021), de célébrer la Nativité en toute liberté dans les églises, de partager la dinde aux marrons avec les seniors et les enfants, de croire encore à l’indéfectible magie qui entoure cette tradition.

Au lieu de cela, le Père Noël de cette édition 2020 pourrait nous apporter au pied du sapin des masques et du gel hydro-alcoolique à profusion, de la frustration et de la crainte quant à l’avenir, de la nostalgie sur les Noëls d’antan désormais surannés, des lettres de licenciement ou des dépôts de bilan, mais aussi des seringues et un vaccin pour conserver quelques espoirs de vivre mieux l’année prochaine…

Noël confiné ou presque, c’est Noël totalement défiguré. Mais, cela reste tout de même un peu Noël. Qu’il soit le plus joyeux et le meilleur à tous !

 

Thierry BRET

 

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