Loi accessibilité : le miroir aux alouettes de la bien-pensance ?

C’est le combat ordinaire d’un homme extraordinaire. Engagé, pugnace, mais résolument optimiste. En prise directe avec la réalité, parfois cruelle, de la situation. Lui, le monde du handicap et ses innombrables travers qui reflètent les incohérences absurdes d’une société de plus en plus égocentrique et individualiste, il les connaît par cœur jusqu’au bout des ongles.

Logique, il ne se déplace qu’en compagnie de son fauteuil roulant. Son « indéfectible partenaire de la mobilité » avec lequel il cohabite depuis l’âge de vingt-deux ans.  

Paraplégique après un stupide accident de moto qui l’a privé de l’usage de ses membres inférieurs, Yann JONDOT n’en demeure pas moins un homme qui a su rester « debout » dans ses aspirations personnelles pour faire face aux turpitudes de l’existence.

Grandi et vivant pour la défense quotidienne des droits et intérêts de celles et ceux qui, comme lui, ont à souffrir de ce manque de liberté chronique dans leurs mouvements. Et surtout, qui doivent subir le regard des autres…

Plus qu’un simple porte-parole d’une cause qui n’est pas nécessairement perdue, il est devenu à force de volonté et de courage un véritable ambassadeur. Avec un grand « A », s’il vous plaît !

 

La France est-elle devenue autiste aux attentes des personnes atteintes d’un handicap ?

 

Celui de l’accessibilité et de la mobilité en France. Le saint des saints pour toute personne qui doit composer avec le réalisme et les contraintes de son handicap. Il a la chance de pouvoir en parler librement autour de lui.

Sans honte, sans se cacher du regard ironique d’autrui. Sans se retrancher derrière tel ou tel petit doigt ou paravent de circonstance, imposés par la règle absolue du silence et du qu’en dira-t-on.

D’ailleurs, combien sont-ils exactement dans l’Hexagone à ressentir les mêmes choses ? A vouloir enfin espérer et partager ces sentiments de liberté retrouvée à la lumière d’un jour nouveau ? A désirer non plus de la reconnaissance publique à grand renfort de commisération et de fausse pitié ? A pouvoir accéder enfin au monde de l’emploi et créer un environnement familial ?

Plus de douze millions de nos concitoyens vivent à l’heure actuelle avec un handicap. Mais, parmi eux, 80 % souffrent d’un handicap invisible. Seuls 1,5 million de nos compatriotes sont atteints d’une défiance visuelle ; 850 000 ne peuvent se mouvoir sans l’aide d’un appareillage spécifique. La France, doit-on le rappeler, accueille aujourd’hui plus de 66,5 millions d’habitants.

Que fait-on réellement pour cette frange importante de la population qui n’a pas voix au chapitre dans cette société où la plastique et les codes de beauté surannés régissent encore notre quotidien ?

Qui sont les animateurs victimes d’un handicap qui occupent à ce jour les tranches horaires des prime-time dans le paysage de l’audiovisuel français ? Où sont les élus handicapés qui prennent la parole dans les cénacles de la vie politique que sont l’Assemblée nationale et le Sénat, voire à la Région et dans les Départements ? Quels en sont les porte-étendards de la vie économique et sociétale ?

Face à cet état de fait significatif et criant de vérité, la France serait-elle devenue autiste vis-à-vis de cette population mise à l’index qui peine à s’insérer dans la vie professionnelle, faute d’entreprises compréhensives à leur intégration ?

 

Peu d’initiatives pour une mesure trop complexe et coûteuse...

 

Certains répondront par l’affirmative que depuis le 11 février 2005, tout a changé dans notre pays ! Grâce à l’adoption du texte législatif favorisant l’accessibilité des personnes victimes de handicap auprès des ERP (établissements recevant du public) qui a solutionné bien des problèmes de mobilité dans l’Hexagone.  

Plus d’un million de ces établissements sont soumis à ces obligations qui prévoient à compter du 01er janvier 2015 que tous doivent être accessibles aux personnes handicapées. Or, à ce jour, combien de ces établissements le sont-ils vraiment ?

On n’ose répondre à la question !

Cette loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées implique en parallèle des adaptations en termes de formalités administratives et en équipements informatiques spécifiques pour cette population. Qu’en est-il exactement ?

Des initiatives ont été faites en ce sens. Des modifications et aménagements ont été entrepris pour faciliter les choses. Mais, cela représente encore une goutte d’eau noyée dans un vaste océan de marasmes administratifs trop contraignants et trop onéreux.

Depuis 1975, le sujet de l’inclusion des personnes victimes de handicap en France est évoqué comme un serpent de mer. En 2020, il faut convenir que la législation trop complexe ne le permet pas.

C’est la raison d’être des missions sociétales de l’ambassadeur Yann JONDOT. Prendre son bâton de pèlerin et rencontrer les élus de terrain. Pour les convaincre de devenir de véritables acteurs de l’accessibilité. A partir de solutions alternatives temporelles, simples et pragmatiques à concevoir.

Comme cela se pratique en Bretagne où le garçon a été l’édile d’une commune. Comme cela fut déjà présenté aux municipalités de Joigny et d’Auxerre. Comme il le fera ce 14 décembre face au bureau de l’antenne des Maires de France dans l’Yonne…

De toutes ses forces et avec sa grandeur d’âme.

Thierry BRET

 

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