Commerce : Jean CASTEX en inflexible Père Fouettard…

En guise d’étrennes de Noël de la part du chef du gouvernement, il faudra repasser ! La conférence de presse du Premier ministre, jeudi dernier, aura sapé un peu plus le moral des Français. Et sans doute davantage, celui de ces malheureux indépendants de la petite distribution non-alimentaire. Désormais, ils n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Si tant est qu’ils aient encore des larmes…

Préparez vos mouchoirs, mesdames et messieurs les petits commerçants, vous allez en avoir grandement besoin au vu des sinistres perspectives qui se présentent devant vous !

Peuvent-ils encore croire au miracle, ces sacrifiés de la cause sanitaire, à quelques semaines de la période la plus prolifique à l’explosion de leurs chiffres d’affaires ? Sincèrement, on ne peut qu’en douter…

Rien n’y fait. Ni les vitupérations légitimes de l’ensemble des castes économiques, depuis les organes consulaires, Chambres de Commerce et d’Industrie et Chambres de Métiers et de l’Artisanat jusqu’aux véhémentes protestations des syndicats patronaux (MEDEF, U2P, CPME…) qui s’indignent de cette attitude jusqu’au-boutiste de la gouvernance. Une position stricte qui va expédier des milliers de professionnels vers les abîmes inéluctables du dépôt de bilan et de la faillite.

Tous multiplient aujourd’hui, et à l’unisson, les demandes d’allègement de ces mesures coercitives ; elles qui ne visent que les seuls professionnels de ce commerce dit de proximité et non-essentiel de surcroît.

Quant à la mobilisation des élus locaux qui plaident en faveur de la réouverture de leur pôle d’attractivité, ses effets se réduisent à peau de chagrin, hormis quelques coups médiatiques sporadiques sur les chaînes audiovisuelles en boucle.

 

Un indice « R » en deçà de la référence mais pas de réouverture…

 

Alors que beaucoup espéraient un geste de souplesse, même relatif, du chef du gouvernement lors de sa prise de parole, ce fut une nouvelle fois que désillusion et douche froide au terme de ce discours monocorde, voire trop pédagogique.

Le confinement rempile pour une deuxième quinzaine consécutive sans la moindre modification au programme initial. Malgré le léger frémissement observé au niveau de la propagation virale et un indice « R » équivalent au nombre de reproduction du virus, inférieur à la jauge de référence 1, soit à 0,81 à date...  

Pourtant sensibilisé à la grogne profonde qui secoue tel un cocotier soumis à l’assaut de folles bourrasques tempétueuses toute une frange de la vie entrepreneuriale de l’Hexagone, Jean CASTEX n’aura ni fléchi ni inversé d’un iota sa feuille de route stratégique. Son cap est tracé tel un skipper embarqué à bord d’un catamaran en partance pour le Vendée Globe !

Rien ni personne ne le fera changer d’avis. Pour celles et ceux qui sont impactés au quotidien par ces mesures discriminatoires eu égard à la concurrence menée avec aisance par le commerce en ligne et la grande distribution, il leur est demandé de poursuivre vaille que vaille les sempiternels efforts.

Se serrer la ceinture (attention, il n’y a bientôt plus de crans supplémentaires à ajouter sur la boucle !), attendre que reviennent des jours meilleurs (l’hypothèse de vaccins au premier trimestre 2021 pourrait presque redonner le sourire) et pratiquer avec pugnacité la solution miraculeuse du fameux « click & collect » (encore un anglicisme ridicule dont on se serait volontiers passé) sont les cadeaux du gouvernement dans la hotte du Père Noël !

 

Des aides financières à rembourser aux charges habituelles…

 

Certes, il y a les aides financières de l’Etat. Assorties à celles d’autres collectivités territoriales (Région, EPCI….), elles ont le mérite d’exister et d’apporter une réelle bouffée d’oxygène à tous ces professionnels coincés aux entournures. Du moins pour un court laps de temps.

Toutefois, le remède ressemble plus à une perfusion distillée au goutte à goutte avec ses futures contraintes de remboursement qui se cumuleront aux charges habituelles et aux loyers à payer qu’à la solution miraculeuse dont chacun aurait aimé entendre jeudi dernier dans les propos du Premier ministre.

A savoir l’opportunité de rouvrir son commerce et d’y travailler en toute liberté (cela n’a pas de prix quand on est un professionnel respectueux d’une éthique déontologique). Et de pouvoir exercer son savoir-faire, tout en recevant sa clientèle dans les règles de l’art sanitaire en vigueur à l’heure actuelle.

Mais, de cela, il n’en est rien. La situation évoluera peut-être au 01er décembre ou un peu plus tard aux dires du Premier ministre selon l’évolution de l’épidémie. Il sera sans doute contraint d’infléchir quelque peu sa position rigoureuse avant les fêtes de Noël. S’il ne veut pas endosser jusqu’au terme de son mandat ministériel la vêture sombre et sinistre du Père Fouettard…

Thierry BRET

 

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