Otages : la voix de la liberté l’emporte sur l’obscurantisme

C’est un petit bout de femme à la silhouette si frêle et si fragile. Toute menue, d’une pâleur fantomatique, elle est encapuchonnée dans un linge blanc qui évoquerait presque celui d’un linceul.

Mais, heureusement, c’était méconnaître le tempérament d’airain qui habite celle qui aura été durant près de quatre ans l’ultime prisonnière française de l’obscurantisme religieux. Avec sa soif inextinguible de vivre à tout prix malgré la dureté de son emprisonnement au beau milieu du désert, entourée de djihadistes.

Sa libération était espérée depuis de longs mois. En vain, à la grande désillusion de son fils, Sébastien CHADAUD. Ce dernier, ému jusqu’aux larmes, n’a pu contenir ses cris de joie intérieure mâtinés de douleur profonde à la vision de sa mère, descendant avec une lenteur imprécise les quelques marches la menant sur le tarmac d’un aéroport.

Retrouvailles intenses entre ces deux êtres qui furent séparés par la faute de l’idéologie. Mais, c’est aussi une bonne nouvelle, enfin, dans ce monde glauque et impitoyable qui se termine avec un épilogue satisfaisant.

Il n’y a donc plus d’otages français retenus dans les limbes de l’oubli. La dernière de ces personnes, Sophie PETRONIN, âgée de 75 ans, vient d’être relâchée par ses ravisseurs après d’âpres tractations établies avec la nouvelle gouvernance de Bamako.

Il aura fallu le changement de pouvoir dans la capitale malienne pour que les négociations se débrident de manière positive après tant d’années de doutes et d’inquiétude.    

 

Recouvrir la liberté nécessite un prix…

Durant quatre ans (la Française septuagénaire a été kidnappée la veille de Noël 2016), Sophie PETRONIN s’est raccrochée à ses propres croyances pour ne pas sombrer dans cet enfer que lui promettaient ses ravisseurs. Malade, fatiguée, dénutrie, celle qui avait choisi de donner son temps au service des enfants d’Afrique pour leur prodiguer bienveillance et éducation sera restée seule au monde parmi les fauves.

Des hommes sans foi ni loi, qui par atavisme, qui par mercantilisme, n’hésitent pas à capturer des femmes et des hommes (occidentaux de préférence mais pas que puisque l’opposant politique malien Soumaïla CISSE était aussi prisonnier) afin de mieux peser ensuite sur le destin d’un pays.

Détenus par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), un groupuscule de djihadistes sous la mouvance de l’organisation terroriste d’Al-Qaïda, les otages libérés ce vendredi 09 octobre ont eu beaucoup de chance de s’en sortir vivants.

Nous avons tous en mémoire les actes odieux de décapitation, d’exécutions sommaires à bout portant, de véhicules criblés de plomb dont les carcasses métalliques fumantes firent les gros titres des journaux télévisés.

Pour une fois, il faut savourer cette victoire de la liberté sur l’obscurantisme à tout crin. Sans trop se poser de questions sur les véritables dessous de ces libérations qui ne tiennent pas du prodige.

Car, bien évidemment, recouvrir sa liberté nécessite un prix. Et pas n’importe lequel, au vu des premiers éléments qui ont été filtrés par les médias.

Le fils de Sophie PETRONIN a pu enfin se blottir dans les bras de sa chère maman (il se sera battu comme un beau diable en remuant ciel et terre durant les quatre années de captivité), tirant un trait définitif sur ce long calvaire.

 

Retourner au Mali pour y poursuivre sa mission…

 

Ce retour à la vie, une sorte de résurrection captée en direct sous les yeux des objectifs aura procuré une immense bouffée d’oxygène alors que la crise sanitaire étouffe les Français avec leur morceau de tissu protecteur (mais nécessaire) sur les voies respiratoires.

Cette femme, battante et lucide, a simplement annoncé qu’elle allait prier pour le Mali et son peuple.

« Je vais implorer les bénédictions et la miséricorde d’Allah, parce que je suis musulmane… ».

Puis, renchérissant, elle devait ajouter devant les micros : « Vous dites Sophie en me désignant, mais c’est Mariam que vous avez devant vous… ».

Un bel exemple de sagesse, d’humilité et de pardon à l’encontre de ses ravisseurs. D’ailleurs, Sophie PETRONIN a déjà fait savoir qu’après l’observation de sa période de convalescence, son vœu le plus cher sera de retourner dans la région de Gao pour y poursuivre sa mission aux côtés des enfants du Mali…

Preuve que le chemin de la liberté est bien plus fort que celui de l’obscurantisme…

Thierry BRET

 

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