Tour de France : la jeunesse balaie la vieille garde !

Sans saveur, sans panache, sans surprise... Bon nombre de suiveurs de cette Grande Boucle édition 2020 commençait à s’ennuyer ferme malgré ce parcours si complexe et difficile où devaient s’affronter les meilleurs durant ces trois semaines de compétition.

Pourtant, tous les ingrédients devant faire de cette épreuve séculaire le rendez-vous attendu par des millions de supporters côté suspense étaient réunis au fond de la marmite.

Des cols en cascade, des échappées permettant d’entretenir l’espoir d’une lutte ouverte et acharnée, des espérances cocardières où le digne successeur de Bernard HINAULT, dernier vainqueur tricolore il y a trente-cinq ans, aurait dû tirer profit des faits de course pour se rapprocher du podium.

Oui mais voilà, la victoire finale à quarante-huit heures de son apothéose sur les Champs-Elysées aurait dû sacrer le Slovène Primoz ROGLIC, leader du classement général sans qu’il ait eu à forcer son talent. Grâce à l’hégémonie outrancière et cannibale de son équipe, la Jumbo Visma. Grâce à cette tactique insupportable de rouler toujours à bloc devant, pour annihiler toute tentative de sortie, et en protégeant leur leader bien calé derrière les limiers de la route.  

Quand, l’embellie tant espérée pour débrider totalement une épreuve en état de somnolence depuis plusieurs jours est survenue. Sur les pentes de l’ultime difficulté à gravir du côté de la Haute-Saône, lors d’un contre la montre assassin qui laissera des traces indélébiles dans les esprits.

L’auteur de cette sensation forte est un minot âgé de 21 ans (il célébrera son anniversaire ce 24 septembre) qui a chamboulé tous les pronostics et a rendu enfin son supplément d’âme, grâce à sa jeunesse insolente, aux Tours de légende d’antan !

Du spectacle à la hauteur des attentes de ces supporters qui, masques de protection sur le visage, ont conservé leur enthousiasme à la vue de ces forçats de la route, réunis il est vrai sur un Tour bizarroïde par sa configuration et ses exigences sanitaires.

Tadej POGACAR, puisque tel est son patronyme, n’a jamais failli pour conquérir la tunique jaune à son compatriote en se livrant chaque jour à une bataille effrénée lui permettant de se faire un nom. Même si pour la majorité de ces suiveurs anonymes du bord des routes, il n’était encore qu’un illustre inconnu, ayant tout de même terminé troisième de la Vuelta espagnole la saison dernière.

 

La jeunesse terrasse les stratégies immobilistes des favoris…

 

Le succès du jeune Slovène est doublement méritoire. Non seulement, il ramène à Paris le maillot jaune solidement accroché à son buste grâce à cette étape de légende. Mais, en outre, il a su endosser celui à pois de meilleur grimpeur et le maillot blanc de meilleur jeune. Logique, à 21 ans.

Mais, en outre, son équipe (UAE Emirates) n’était pas taillée pour rivaliser avec les « monstres » habituels qui phagocytent tout sur leur passage à l’instar d’INEOS ou de la Jumbo Visma.

Ironique, le quintuple vainqueur belge Eddy MERCKX a insisté lourdement sur la grande naïveté de l’équipe néerlandaise qui emploie Primoz ROGLIC qui selon lui, « l’a bien cherché ! ».

Moyennant quoi, le mental et la combativité quotidienne de ce jeune prodige ont su faire la différence. Sans que jamais il ne doute de ses prérogatives conquérantes.

Quant aux tricolores, à l’exception du jeune Guillaume MARTIN qui termine l’épreuve à la onzième place au général, à plus de 16 minutes du vainqueur, ils auront été aux abonnés absents côté performances hormis les deux victoires d’étape de Nans PETERS et celle toujours avec la vista de Julian ALAPHILIPPE, détenteur du maillot jaune deux jours durant.

Gageons enfin que cette victoire obtenue à la force de la pédale par le jeune sportif de 21 ans ne soit entachée d’aucune suspicion. Certaines pratiques sont encore d’actualité dans des disciplines très exposées médiatiquement.

Le cyclisme et le milieu du sport en règle générale qui se remettent en selle avec moult incertitudes après plusieurs mois d’interruption en pâtiraient sérieusement.

Ne retenons que la fraîcheur insolente de cet exploit, prometteur de lendemains qui chantent…

Thierry BRET

 

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