Des épines au pied du sapin : Noël en berne chez les Verts ?

Un « arbre mort » ! C’est ainsi que le nouveau maire écologiste de Bordeaux, Pierre HURMIC, résume de manière lapidaire sa perception du symbole végétal de la fête de la Nativité. Le sapin, cet arbre majestueux issu des traditions séculaires, à la présence si lumineuse et onirique qui garnit d’ordinaire le parvis d’un hôtel de ville. En version XXL, c’est-à-dire une taille gigantesque. Le comparatif est pour le moins bizarre, convenez-en !

Il aura fallu ces quelques mots, extraits sans aucun doute de leur contexte initial, mais prononcés tout de même par son orateur pour qu’une envolée de boutique ne se ligue contre le nouvel homme fort de la capitale girondine. Sur les réseaux sociaux, dans les colonnes médiatiques, y compris dans les rangs des mouvements écologistes de tout poil qui ne savent plus comment circonscrire l’incendie !

Paroles malheureuses ? Maladresse inappropriée rappelant la faute de goût en matière de communication ? Certainement !

D’autant que nos concitoyens sont très attachés aux traditions de Noël, bien au-delà de sa représentation initiale de fête chrétienne. Qui n’a pas au fond de ses plus lointains souvenirs des images joyeuses et scintillantes de ces immenses sapins ornementés de boules et de guirlandes électriques à la nuit tombée au cœur des agglomérations ?

 

Tourner sept fois sa langue dans la bouche !

 

Il faut croire que l’édile de Bordeaux a perdu son âme d’enfant. Où pire encore qu’il n’a jamais cru au Père Noël !

Avant d’évoquer ce sujet, aussi louable soit-il pour la défense de la cause environnementale (il y aurait bien d’autres choses à concevoir pour endiguer les dérapages au quotidien qui polluent notre atmosphère !), l’élu de Gironde aurait dû tourner sept fois la langue dans sa bouche.

Car s’attaquer à l’un des symboles les plus représentatifs des fêtes et des retrouvailles familiales en cette période déjà si trouble où l’individualisme a repris le dessus en étant amplifié par l’omniprésence du coronavirus était pour le moins osé sur le terreau de la communication. Voire totalement risqué, au niveau des conséquences politiques !

Celles et ceux des électeurs qui ont plébiscité dans un élan de sympathie la cause écologiste porté par ce nouvel élu pour chasser la droite traditionnelle du pouvoir local acceptent-ils ces excès de zèle oratoires qui privent un peu plus chaque jour le peu de liberté et de rêve qu’il nous reste ?

C’est sûr, dresser un arbre de Noël géant au centre d’une grande place municipale pour quelques semaines avant les fêtes de fin d’année, ne représente absolument rien en soi. C’est anodin, et totalement insipide sur le papier.

Oui mais voilà, s’en abstenir traduit une fois de plus ce tour de vis que les politiques de toutes obédiences nous imposent au jour le jour dans leur quête moralisatrice et bien-pensante de la réduction de nos libertés.

 

Et pourquoi ne pas supprimer tout ce qui rappelle Noël ?

 

Si l’on déroule le fil de nos pensées un peu plus loin, c’est clair : les municipalités commencent par supprimer le grand arbre de Noël qui était le pivot de ces retrouvailles festives et heureuses autour du verre de vin chaud et de la tasse de chocolat noir. Il est recommandé d’ôter les masques du visage, sinon cela brûle !

Avant d’éradiquer tout ce qui brille, éclaire, illumine et rappelle que les fêtes se manifestent à nous pour tenter d’égayer notre triste sort d’humain vivant au vingt-et-unième siècle. Un siècle de turpitude, de violence, d’indignation, d’incivisme, de non-respect, d’illogisme et de totales contradictions.

La liste est si longue que même le Père Noël ne pourrait l’honorer de tous ces cadeaux bienveillants !

Dans le prolongement, un décret nous interdira bientôt d’acheter des sapins de taille moyenne à décorer chez soi. La raison en est évidente : on prive un végétal de sa substantifique moelle nourricière dans le sol.

Ce qui est faux, en partie, puisque la vente des sapins en pot est voie de progression auprès des horticulteurs.

Quant à vouloir boycotter complètement les sapins de Noël, et c’est toute la filière de la sylviculture qui sera bientôt sur le tapis.

Vert, il va de soi, à l’image du maire de Bordeaux qui après sa décision pour le moins hasardeuse, doit broyer du noir...

 

Thierry BRET

 

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