Les violences se banalisent : jusqu’où ira l’irréversible ?

Trop jeune pour mourir. Sa mémoire restera tel un symbole expiatoire, du moins pour un temps éphémère. Elle s’appelait Mélanie. Porteuse d’espérance sur les tatamis du judo national, elle respirait la vie. Du haut de ses vingt-cinq printemps, la jeune gendarme ne se verra pas vieillir. Ni elle ne verra grandir ses enfants dont elle n’aura pas eu le temps de mettre au monde.  

Ni accomplir avec sérieux et professionnalisme le sens du devoir qui l’animait à chaque mission sur le terrain. Celui de la protection de ses semblables dans le respect de la loi. Des citoyens lui rendent hommage par centaine aujourd’hui : ils ont raison de communier aux côtés de ses proches. Plutôt que de cracher et d’invectiver les forces de l’ordre avec véhémence.

L’existence de cette jeune femme a tourné court et s’est cruellement brisée à cause d’un chauffard récidiviste, entièrement responsable de ses actes. Un simple contrôle routier aura suffi à ôter la lumière qui brillait au fond des prunelles pétillantes de la jeune Mélanie. Que pouvait-elle faire face à un tel danger public sous l’emprise de quelconques stupéfiants qui lui a intentionnellement foncé dessus en la percutant de plein fouet à…près de 160 km/h ?

Ce drame plonge toute une filière corporatiste dans une tristesse abyssale et confirme le lourd tribut que paient chaque année les représentants des forces de l’ordre à vouloir nous défendre de ces personnages réfractaires au civisme, vivant avec leurs propres codes en marge de la société.

Père de trois jeunes filles, époux modèle, Philippe n’avait plus que quelques mois à patienter avant de tirer sa révérence et faire valoir ses droits à la retraite. Malgré cela, âgé de 58 ans, il adorait toujours sa fonction de chauffeur de bus qu’il pratiquait pour le compte du réseau des transports en commun de la Ville de Bayonne.

Son destin a basculé de la manière la plus inattendue. Mais, de façon définitive tel un coup d’arrêt auquel on ne peut rien. Etre là au mauvais endroit et au mauvais moment chantait dans l’un de ses succès CALOGERO sur cet épineux sujet de société.

Justement, Philippe n’a pas compris ce qu’il lui est arrivé quand deux petites frappes à qui il recommandait de se munir de leurs masques de protection obligatoire et de s’acquitter de leur titre de transport pour pénétrer à l’intérieur du bus qu’il conduisait lui sont tombées dessus.

Le rouant de coups jusqu’à ce mort s’en suive. Une exécution en pure et bonne forme, un lynchage réalisé avec un tel déchaînement de violence que le pauvre homme agonisera cinq jours durant sur son lit d’hôpital avant de rendre l’âme, entouré par les siens. Une famille qui à jamais vivra meurtrie par la douleur.

On appelle cela communément dans le jargon journalistique, des faits divers. Force est de constater que ces actes pitoyables et irrévérencieux à l’intelligence humaine ne cessent de s’intensifier.

 

Les Français n’en peuvent plus du laxisme et de l’immobilisme…

 

En l’espace d’une seule semaine, l’Hexagone a été confronté à ces deux méfaits gratuits aux conséquences si funestes. Choquant une opinion publique qui n’en peut plus de vivre sous la menace permanente instillée par ces « voyous » de bas étages soucieux de faire régner leur loi et leurs principes, si tant est qu’ils en aient encore.

La France mérite autre chose que cette gangrène polluante qui spolie nos libertés quotidiennes et qui n’obéit plus aux règles de la justice et de l’ordre établi.

Il fut un temps, celui du regretté présentateur télévisé de la « Une », où Roger GICQUEL aurait annoncé en ouverture de son vingt heures : « la France a peur ! ».

Aujourd’hui, la France éprouve un ras-le-bol généralisé face au laxisme et à l’immobilisme de celles et ceux des représentants de ces institutions régaliennes, y compris l’Etat, qui se doivent de remettre notre pays dans le bon sens de la civilité. Et du respect d’autrui.  

Bien sûr, en priorité, c’est à la justice qui n’assume pas toujours ses actes auquel on pense. Surtout quand on sait que plus de cent mille peines d’emprisonnement prononcées chaque année ne s’appliquent jamais dans ce pays : on est en droit de se poser des questions pertinentes ! Et de demander des comptes à celles et à ceux qui incarnent ces fonctions dans notre société !

 

Il vaut mieux être riche et malhonnête que pauvre et vertueux !

 

La surprenante nomination d’Eric DUPOND-MORETTI au poste de garde des Sceaux y changera-t-elle quelque chose ? Certes, le bouillonnant avocat n’a pas la réputation de pratiquer la langue de bois parmi son sérail professionnel. D’où les cris d’orfraies de la magistrature qui voit déjà d’un très mauvais œil cette désignation ministérielle validée par le locataire de l’Elysée.

Le médiatique avocat s’est déjà fait quelques inimitiés dès le premier jour de sa prise de fonction. Tant auprès des parlementaires que du corps juridique.

On peut subodorer que les lignes de conduite devraient bouger, sinon évoluer de manière radicale parmi cette Justice qui fonctionne en dépit du bon sens depuis moult années.

Quant à Gérald DARMANIN, pur produit du sarkozysme bon teint, on peut supposer que sa prise de pouvoir à l’Intérieur devrait redonner du baume au cœur des policiers maltraités, voire mal-aimés d’une certaine frange de la population.

Celle qui, naturellement, se place au-dessus ou en marge des lois. Celle qui est réfractaire au respect d’autrui et qui parfois, pour un simple regard furtif jeté de travers dans la rue pourrait-être prête à tuer juste pour assouvir l’« affront ».

Pourquoi la France est-elle tombée dans ces limbes de la bassesse humaine ? Parce qu’il n’y a pas plus de valeurs morales et de civisme entre les hommes. Parce qu’il est profitable de surfer sur les facilités de l’oisiveté plutôt que de se plonger dans le travail et la famille.

Parce que la vie est devenue un jeu vidéo grandeur nature ou une série télévisée où les méchants  endossent la vêture de héros en tuant le plus grand nombre de personnages leur donnant des bonus. Parce que notre civilisation cultive ce qui est inculte et s’abrutit de stupéfiants, d’alcools, et de théories absurdes.

Parce que les réseaux sociaux représentent l’exutoire idéal à toutes les haines ordinaires qu’il est nécessaire d’alimenter sans qu’il n’y ait ni le moindre contrôle ni  le moindre discernement.

Parce que, enfin, dans l’esprit de certains, pour réussir sa vie, il vaut mieux être riche et malhonnête que pauvre et vertueux ! A méditer durant l’été…

Thierry BRET

 

 

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