Les travaux publics optent pour la relance verte : construire différemment les infrastructures de demain…

« Le secteur des travaux publics adopte un plan de relance verte pour sortir de la crise et booster son activité économique. Quatre milliards d’euros seront injectés pour favoriser la mise en exergue d’un plan d’urgence à deux ans. Dix autres milliards serviront à accélérer la transition écologique dans la filière au cours de la prochaine décennie… ». « Le secteur des travaux publics adopte un plan de relance verte pour sortir de la crise et booster son activité économique. Quatre milliards d’euros seront injectés pour favoriser la mise en exergue d’un plan d’urgence à deux ans. Dix autres milliards serviront à accélérer la transition écologique dans la filière au cours de la prochaine décennie… ». Crédit Photos : FRTP et Groupe MARTIN.

L’enjeu est de taille pour ce segment essentiel de l’activité économique de notre pays. En adoptant un plan de sortie de crise, assorti à une feuille de route qui vise la transformation écologique optimale, les professionnels de la filière entendent bien occuper les rôles de choix en matière de relance verte. Une stratégie dont a fait sienne le président régional de la FRTP Bourgogne Franche-Comté Vincent MARTIN…

DIJON (Côte d’Or) : Se réinventer, sans cesse. Prendre conscience des enjeux sociétaux, propres à la protection de la nature et à la sauvegarde de l’environnement, et s’adapter coûte que coûte à ces évolutions.

Désormais, ces items majeurs de notre existence intègrent les lignes stratégiques d’une puissante corporation professionnelle, celle des travaux publics. Une filière de poids en Bourgogne Franche-Comté qui possède de multiples atouts avec ses 1 100 entreprises générant onze mille emplois et près de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires (1,8 précisément).

La FRTP vient de donner le cap à suivre pour les années à venir. Un horizon précis lui permettant de tenir une place prépondérante en sa qualité d’actrice de la relance verte.

Profitant d’un récent exercice oratoire face à la presse régionale, le président de la fédération des travaux public Vincent MARTIN a détaillé les deux étapes d’un plan de sortie de crise et de relance ô combien nécessaire pour remettre les entreprises du secteur sur de bons rails. D’autant que la longue crise sanitaire a laissé des traces parmi les trésoreries de certaines entreprises.

La double orientation de ce plan jouera à la fois sur le court terme (une action d’urgence biannuelle se déclinant entre 2020 et 2021) afin de booster très rapidement l’économie en créant de la valeur et des emplois ; et sur une échéance plus ou moins longue sur la décennie quant à la transformation en profondeur des états d’esprit menant vers une économie sans carbone.

 

 

Quatre milliards d’euros consacrés au plan d’urgence…

 

Côté financements, les petits plats seront mis dans les grands. La déclinaison de ce plan d’urgence a pour vocation d’accélérer les investissements en faisant évoluer les dispositifs en place. Il nécessite une enveloppe conséquente de quatre milliards d’euros. Une paille !

Un premier milliard émanera de l’Agence de Financement des Infrastructures (AFITF). L’affectation en sera l’entretien des réseaux et le développement de nouvelles mobilités.

A titre d’exemples, on peut citer la mise en 2X2 voies de la RN 109 aux abords de Montpellier ou de la fameuse RCEA, cette Route Centre Europe Atlantique qui traverse dans sa partie médiane la Saône-et-Loire. Elle reste de sinistre mémoire pour beaucoup d’automobilistes, figurant parmi les voies de circulation où le taux d’accidentologie est le plus élevé de France.

Sur le registre ferroviaire, il est question également de moderniser la ligne reliant Epinal à Lure ou de favoriser l’interconnexion entre TER et TGV à Montchanin (Saône-et-Loire).

 

 

Un autre milliard (1,3 pour être précis) soutiendra l’investissement public local et permettra ainsi aux collectivités territoriales d’être le moteur de la relance économique par le lancement de nouveaux appels d’offre. Le levier du FCTVA  (Fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée) serait boosté afin de l’obtenir.

Le troisième milliard issu des dotations de la DETR (Dotations d’Equipement des Territoires Ruraux) et des DSIL (Dotations de Soutien à l’Investissement Local) sera destiné à la modernisation des réseaux.

Grâce aux Agences de l’Eau, la FRTP obtiendrait un demi-milliard d’euros pour moderniser et entretenir les réseaux d’eau. Enfin, un reliquat de 0,2 milliard facilitera l’accélération au Très Haut Débit afin d’en accroître les usages pratiques (télétravail, télémédecine, e-commerce…) à l’aide du plan France TDH.

 

Dix ans et dix milliards d’euros pour raisonner écologie…

 

Le second volet primordial de ce plan de relance s’appuie sur la transition écologique. Une priorité majeure pour la FRTP. Dix milliards d’euros par an sur dix ans seront ainsi débloqués pour tenir la feuille de route explicitée par Vincent MARTIN. Celle-ci s’articule autour de cinq propositions.

La première concerne le développement des infrastructures qui favorisent les mobilités sans carbone. On pense aux pistes cyclables et à la construction de « véloroutes ». Mais, l’essor progressif des bornes de recharge électrique et l’édification de stations hydrogène intègrent en parallèle cette déclinaison stratégique.

Second aspect : les énergies et réseaux de chaleur renouvelables. Ce sera le cas en Côte d’Or où Dijon Métropole prévoit la conception d’un futur centre de production d’hydrogène.

Troisième point : la préservation des ressources. La FRTP déploie ses entreprises sur des chantiers qui facilitent les interconnexions des réseaux, le stockage et le réemploi des eaux non conventionnelles (eaux usées, eaux de pluie…). Sans omettre la méthanisation des boues d’épuration.

Le quatrième alinéa concerne l’accélération des grands projets consacrés à la transition écologique. A l’instar de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) entre Rhin et Rhône.

Reste enfin l’ultime élément de ce plan à cinq entrées : l’accompagnement des territoires au changement climatique. La fédération apporte sa pierre à ce vaste édifice sociétal et environnemental en préservant la biodiversité (restauration des écosystèmes) ou en aménageant des espaces verts et de bien-être au cœur des villes.

Précisons, pour conclure, par une excellente nouvelle. La FRTP BFC envisage via ses entreprises adhérentes la création de deux mille emplois ne pouvant être délocalisés au cours de ces deux prochaines années. Toutefois, un léger bémol est à prendre en compte : il faudra que la commande publique, nerf de la guerre inéluctable pour bon nombre de sociétés, soit favorable aux PME régionales !

 

 

 

 

Articles

Bannière droite accueil