L’éditorialiste Christophe BARBIER décortique les ambiguïtés et les paradoxes de la « MACRONIE » avant la poursuite des réformes…

« Cinquante-cinq minutes d’intervention et le temps des questions posées par une salle très à l’écoute auront permis à l’éditorialiste Christophe BARBIER d’explorer dans les moindres détails les directives politiques du président Emmanuel MACRON. Les réformes à venir mais aussi les retombées de la nouvelle économie sur l’emploi ont été largement commentés par l’orateur à la célèbre écharpe rouge invité par Claude VAUCOULOUX, délégué général de l'UIMM et du MEDEF de l'Yonne… ». « Cinquante-cinq minutes d’intervention et le temps des questions posées par une salle très à l’écoute auront permis à l’éditorialiste Christophe BARBIER d’explorer dans les moindres détails les directives politiques du président Emmanuel MACRON. Les réformes à venir mais aussi les retombées de la nouvelle économie sur l’emploi ont été largement commentés par l’orateur à la célèbre écharpe rouge invité par Claude VAUCOULOUX, délégué général de l'UIMM et du MEDEF de l'Yonne… ».

Deux cents jours après l’accession fulgurante du leader du mouvement « En Marche » à l’Elysée, l’éditorialiste de l’Express et chroniqueur politique de BFM TV a livré devant une salle comble d’entrepreneurs attentifs réunis au Pôle Formation 58/89 à Auxerre une subtile analyse de la ligne politique du chef de l’Etat dont le principal ennemi, faute d’une opposition sérieuse et efficiente, serait lui-même si ce dernier s’aventurait trop près des cimes du narcissisme. S’interrogeant sur la personnalité parfois complexe et les méthodes un peu abruptes d’Emmanuel MACRON, et anticipant sur les principales réformes sociétales de l’acte II qui débute avec une année 2018 sans échéance électorale, Christophe BARBIER, fin spécialiste de l’exercice oratoire, a su capter avec un zeste d’humour un auditoire à l’écoute de ses arguments si précis…

AUXERRE : Qui est réellement Emmanuel MACRON ? Quelle personnalité se cache derrière le profil un brin juvénile de ce jeune loup de la politique et de la finance à la tête bien remplie qui a connu en l’espace de deux saisons une ascension si rapide qu’elle l’a propulsée dans le fauteuil présidentiel à l’Elysée ? Au nez et à la barbe des cadors de la politique politicienne, toutes obédiences confondues, qui convoitaient la place depuis si longtemps !

Protéiforme, séduisant, caractériel, le natif d’Amiens endosse tour à tour les postures de personnages historiques, voire de ceux issus de la mythologie grecque comme va le dépeindre près de deux heures durant l’emblématique journaliste à la célèbre écharpe rouge du paysage audiovisuel français.

Emmanuel MACRON : une incarnation d’un personnage historique ou mythologique ?

Auteur de nombreux ouvrages de référence sur les phases évolutives de la classe politique française, le dernier en date « Les derniers jours de la Gauche » se dédicaçait en seconde partie de soirée, Christophe BARBIER a déroulé le fil d’Ariane de ce feuilleton rocambolesque des Présidentielles 2017, ayant débuté plusieurs mois auparavant.

« Emmanuel MACRON incarne-t-il le nouvel Alexandre le Grand et tranchera-t-il les nombreux nœuds gordiens qui se présentent à lui ? Sera-t-il Hercule effectuant ses douze travaux au risque de s’épuiser mais le devoir accompli ? Ou bien interprètera-t-il le rôle d’Ulysse qui au terme d’un long voyage fascinant truffé de péripéties est revenu au point de départ ? Peut-être est-il tout simplement Denis de Syracuse avec une posture de dictateur. Mais, ce dernier vivait dans la crainte de voir l’épée placée au-dessus de sa tête lui tombée dessus : elle était tenue par DAMOCLES…Dernière hypothèse : il est PSAPHON, le monarque grec passionné par les oiseaux auxquels il leur apprenait à parler avec un seul mot : le sien. La marque du narcissisme qui pourrait vaincre le locataire de l’Elysée s’il n’écoutait que lui… ».

Qualifiant ce quinquennat d’atypique avec en chef de file un président hors normes, très éloigné des codes traditionnels suivis par les chefs de l’Etat de la cinquième République, Christophe BARBIER résume l’attitude du nouveau président en un mot pour évoquer sa stratégie de communication : « C’est un média à lui tout seul ! ».

« Tout est huilé et maîtrisé avec le concours de ses conseillers. La plupart des images qui suivent ses déplacements sont fournies par ses équipes de communication. Il a su coupé court avec les représentants médiatiques habituels dont il est distant. Distillant avec parcimonie sa pensée. Il n’y a peut-être que sur le sujet de son chien Némo qu’il communique de trop !, ironise l’éditorialiste de l’Express.

Une opposition en totale déshérence et contre-productive…  

C’est en novembre 2016 et contre toute attente que le jeune quadragénaire annonce sa candidature à la présidentielle. A la surprise générale qu’il appuiera avec la publication d’un livre : « Révolution ». Un titre prémonitoire dont tout le monde se moquait au début même dans son propre camp mais qui finira par s’imposer au vu des profonds bouleversements observés dans le giron politique.

« Primo, la révolution de Macron s’est traduite avec la dégringolade et l’éviction de  toutes les têtes politiques charismatiques de l’époque : Nicolas SARKOZY, Alain JUPPE, François HOLLANDE, Arnaud MONTEBOURG…Puis, il y a eu le naufrage de la Droite avec l’affaire FILLON… ».

Dès lors, le paysage politique se réduit. A gauche comme à droite. Du côté des extrêmes, ce n’est guère mieux. Le Front national rate le débat du second tour, offrant un boulevard au conquérant candidat. Les Insoumis et leur leader Jean-Luc MELENCHON se trompent. « Ils pensent que la rue va défaire le résultat sorti des urnes et que le scrutin électoral sera annulé par le biais de manifestations populaires… ». On connaît la suite : ce sera un échec.  

Quant à la physionomie politique actuelle, elle n’est guère brillante pour les forces opposantes selon Christophe BARBIER.

« Le Parti socialiste nous fait rire avec l’abondance de candidatures à la présidence d’un mouvement qui ne rassemble que 15 000 membres. Et puis quand on a des postulants qui se nomment Rachid TEMAL et Delphine BATO, c’est risible ! ».

Pour le journaliste qui accapare l’intérêt des 250 personnes présentes dans l’amphithéâtre, pas de doute possible : « HAMON et MELENCHON : c’est une assurance vie pour Emmanuel MACRON ! ».

Restent les Républicains. « Ils sont les mieux placés pour contrer la gouvernance du président de la République avec une meilleure situation financière dans le parti et un nouveau leader. Mais, pour réussir, Laurent WAUQUIEZ doit bénéficier d’un échec de la part de MACRON… ».

L’inconstance des élus d’En Marche et les méthodes de MACRON…

Poursuivant cette introspection dans l’appareil politique actuel, Christophe BARBIER ne pouvait pas aborder le rôle de l’ancien mouvement, devenu depuis un parti : « La République en Marche ».  

« Ses ennemis peuvent venir de sa propre majorité. La récente indélicatesse à la suite de la visite des officiels Allemands à l’Assemblée nationale le démontre. Tout cela sent l’amateurisme et l’apprentissage… ».

Quant aux méthodes employées par le président français, elles puisent leurs origines à travers le volontarisme empreint d’autorité (le côté JUPITER du personnage).

« C’est là qu’il ressemble le plus à François MITTERAND qui avait ce recul nécessaire et de la hauteur. Jacques CHIRAC voulait exercer sa présidence comme tous les Français avec une certaine fragilité. Nicolas SARKOZY à l’instar des Français qui rêvent de l’être en conquérant et en héros avec en outre le côté bling-bling. Quant à François HOLLANDE, c’était le président normal. Un élu « pépère » comme l’a appelé le magazine « Le Point » ! ».

Ses choix stratégiques, Emmanuel MACRON les adopte non pas pour réformer la France mais surtout pour la révolutionner : il désire changer de système en s’appuyant sur des ministres plus téméraires que d’autres qui demeurent dans l’obscurité.

Et Christophe BARBIER de citer Muriel PENICAUT sur la réforme du Code du travail : « elle a réuni les syndicats un par un, sur chaque morceau des ordonnances, en réalisant une profonde dispersion du front syndical. »

Du côté de Jean-Michel BLANQUER, « il pratique ses réformes avec du bon sens (collèges, baccalauréat) en s’alliant le soutien des parents d’élèves, des élèves et même des enseignants ! ».

Le Premier ministre Edouard PHILIPPE n’échappera pas à cet audit de l’éditorialiste. « Avec lui, notamment sur les dossiers de l’assurance chômage et de la formation professionnelle, cela se gère entre spécialistes sans bras de fer politique selon la rhétorique « Nous savons de quoi nous parlons et on explique après… ». Et ça marche : sa côte de popularité est au beau fixe ! ».

Quid des deux réformes fondamentales à venir ?

Balayant d’un revers de la main, les quelques réformes « cosmétiques » ou liées au symbole, comme le texte de loi contre les fake news (« cela n’empêchera jamais les menteurs de mentir ! ») ou celle sur les hydrocarbures qui ne change rien à la vie quotidienne des Français, Christophe BARBIER évoqua ensuite le poids des réformes intermédiaires. Ce sont celles qui modifient le système dont le Code du Travail (« un peu bricolé » selon lui) même si la fin de la pénibilité et la remise en cause du rôle des prud’hommes constituent des changements notoires.

Mais, que seront exactement les réformes profondes, celles qui se rapportent à l’assurance chômage et à la formation professionnelle ?

« La formation et l’apprentissage que le gouvernement souhaite faire évoluer de 7 à 15 % dans certains secteurs, sont des desseins très ambitieux pour la France. Il est temps aussi que les Français soient fiers d’avoir été formé par l’apprentissage, source de l’excellence et de la noblesse du travail. Maintenant, comment Emmanuel MACRON peut-il réaliser ce copieux chantier en moins de quatre ans ? Il compte beaucoup sur les relais professionnels et institutionnels pour le faire… ».

Du côté des retraites, cela ne fonctionne plus avec la croissance démographique  de la jeunesse et des seniors qui vivent de plus en plus vieux, engendrant des coûts incompressibles sur les soins et la santé. « Il faut se rendre à l’évidence, clame Christophe BARBIER, avec quatre actifs pour un  retraité, ce système ne peut plus fonctionner… ».

L’autre réforme capitale qui attend la présidence MACRON concerne l’Europe. « Le président français dispose d’une chance inouïe avec le BREXIT et l’affaiblissement de l’Allemagne. Il doit profiter de son rayonnement à l’international pour faire jouer les leviers économiques sur le Vieux continent… ».

La nouvelle économie sera-t-elle synonyme de davantage d’emplois ?

Le dernier volet de l’intervention de Christophe BARBIER se rapportera à la nouvelle économie dont se font l’écho de nombreux médias et spécialistes. « Or, elle ne nous dit pas si nous allons créer plus ou moins d’emplois, s’interroge le journaliste parisien, DARWIN ne va-t-il pas tuer SCHUMPETTER ? C’est la théorie de la destruction créatrice. On invente quelque chose de novateur mais qui ne sera pas forcément bénéfique pour l’emploi. Si tel était le cas à l’avenir, on serait alors confronté à une crise dans la crise. Le deuxième risque de l’évolution économique provient des gros entrepreneurs qui applaudissent la politique d’Emmanuel MACRON à tout crin, disant que l’on va dans le bon sens. Mais, tous attendent que cela fonctionne avant d’embaucher. Si c’est cela, c’est l’effondrement inévitable ! Il est nécessaire d’avoir de l’audace entrepreneuriale avec des soutiens politiques. La clé de l’avenir politique de MACRON en 2022 est simple : si les entreprises accélèrent les embauches dans les prochains mois, le chômage baissera. C’est ce dont aura besoin le président français à la veille de la validation de sa seconde mandature à l’Elysée. Mais, si cette équation n’est pas respectée, le risque d’implosion sera majeur… ».

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